Automne 2026 : le marché immobilier canadien change de visage

Marché · 29 septembre 2026 · 4 min de lecture

Les inscriptions bondissent avant l'automne, le marché retrouve l'équilibre et RBC parle enfin de reprise. Voici ce que les chiffres d'août 2026 changent pour les acheteurs, les vendeurs et les investisseurs.

Automne 2026 : le marché immobilier canadien change de visage

La rentrée immobilière 2026 ne ressemble à aucune des précédentes. Pendant que les vendeurs se précipitent pour mettre leur propriété en vente avant l'automne, les acheteurs découvrent un marché qui leur laisse enfin de l'espace pour respirer. Et pendant ce temps, les économistes de RBC parlent d'une reprise enfin enclenchée. Décryptage des chiffres du mois d'août et de ce qu'ils signifient concrètement pour toi.

Les vendeurs prennent les devants

En août, les nouvelles inscriptions ont bondi de 3,3 % d'un mois à l'autre au Canada, selon l'Association canadienne de l'immobilier (ACI), mettant fin à trois mois consécutifs de baisse. Le phénomène s'est fait sentir dans les principaux marchés, surtout vers la fin du mois.

L'explication du président de l'ACI, Garry Bhaura : les vendeurs voulaient prendre une longueur d'avance sur le marché automnal, d'autant que la fête du Travail tombait très tard cette année. Résultat : un peu moins de 200 000 propriétés étaient inscrites à la vente à la fin août, un niveau conforme à la moyenne à long terme pour cette période de l'année, et en hausse de 1,4 % par rapport à l'an dernier.

Un marché qui retrouve l'équilibre

Cette vague d'inscriptions, combinée à un léger recul des ventes, a fait glisser le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions à 49,1 %, contre 51,1 % en juillet. On parle normalement d'un marché équilibré quand ce ratio se situe entre 45 % et 65 %. Autrement dit : fini le marché de vendeurs extrême, sans pour autant basculer dans un marché d'acheteurs.

Côté prix, l'Indice des prix des propriétés MLS est resté inchangé d'un mois à l'autre, en baisse de 3 % sur un an, tandis que le prix moyen réel des propriétés vendues a progressé de 0,6 % sur un an. Un marché stable, ni euphorique ni en chute libre.

RBC : la reprise est enfin là

Un rapport de RBC Economics publié en septembre va dans le même sens : le marché canadien semble enfin s'engager sur la voie d'une reprise. Les reventes résidentielles connaissent une séquence favorable depuis avril, les stocks se stabilisent et les prix montrent des signes d'accalmie.

L'économiste en chef adjoint Robert Hogue souligne que des centaines de milliers de Canadiens auraient mis leur projet d'achat en veilleuse ces dernières années à cause de la forte hausse des coûts de propriété. Beaucoup louent plus longtemps qu'ils ne le souhaiteraient ou retardent leur projet de déménager. Leur retour progressif sur le marché serait le vrai moteur de la reprise.

Nuance importante : elle ne sera ni uniforme ni sans heurts. Le sud de l'Ontario et une bonne partie de la Colombie-Britannique continuent d'accuser du retard, pendant que les marchés plus résilients ont peu de marge pour progresser davantage.

Toronto repasse sous la barre du million

Le contraste régional se voit bien sur le marché immobilier de Toronto. En août, le prix de vente moyen dans la région du Grand Toronto est repassé sous la barre du million de dollars (993 410 $), en baisse de 2,7 % sur un an. C'est la deuxième fois cette année que ce seuil est franchi. Les ventes ont reculé de 2,1 % sur un an et le prix de référence composite a chuté de 4,5 %.

Selon RBC, les stocks élevés de copropriétés à Toronto et sur le marché de Vancouver, combinés au désintérêt des investisseurs, pourraient continuer de peser sur les prix jusqu'à l'an prochain.

Concrètement, qu'est-ce que ça change pour toi ?

Si tu achètes : tu as du choix. Près de 200 000 propriétés à l'échelle nationale et la vague automnale de nouveautés qui s'ajoute. Dans un marché équilibré, tu peux négocier, prendre ton temps et faire inspecter sans la pression des surenchères. C'est le moment de chiffrer les coûts réels de chaque opportunité et de valider ta capacité d'emprunt avant de faire une offre.

Si tu vends : la concurrence augmente. Les inscriptions ont bondi et les vendeurs se bousculent avant l'automne. Une mise en vente soignée fait toute la différence : photos de qualité, prix fixé sur les données récentes de ton secteur, pas sur les souvenirs de 2022.

Si tu investis : le marché des copropriétés à Toronto et Vancouver reste sous pression, ce qui peut créer des fenêtres d'achat pour les investisseurs patients. Ailleurs, la stabilisation des stocks et l'amélioration de l'abordabilité redonnent de l'air au calcul de rentabilité. Comme toujours : les chiffres d'abord, l'émotion après.

Le mot de la fin

L'automne 2026 s'annonce comme un marché de transition : ni euphorie, ni morosité, mais un rééquilibrage qui récompense ceux qui analysent avant d'agir. Avant ta prochaine visite ou ta prochaine mise en vente, passe la propriété dans le moteur d'analyse de Hom24 : cashflow, verdict et données de marché en quelques secondes, directement dans ton navigateur.

Sources : Association canadienne de l'immobilier (statistiques d'août 2026), RBC Economics, Toronto Regional Real Estate Board.

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