Québec : encore une année de hausses en vue pour l'immobilier

Marché · 4 mars 2026 · 5 min de lecture

Après une année 2025 intense, le marché immobilier de la région de Québec s'apprête à vivre une nouvelle année de croissance. Pendant que d'autres provinces composent avec des surplus d'inventaire et des prix qui reculent, Québec continue de tracer sa propre route.

Québec : encore une année de hausses en vue pour l'immobilier

Après une année 2025 intense, marquée par des hausses de valeur soutenues, le marché immobilier de la région de Québec s'apprête à vivre une nouvelle année de croissance en 2026. Pendant que d'autres provinces canadiennes composent avec des surplus d'inventaire et des prix qui reculent, Québec continue de tracer sa propre route. Voici ce que les prévisions et les experts du secteur nous disent sur l'année à venir.

Les chiffres à retenir

Selon les prévisions de Royal LePage publiées en décembre dernier, le prix médian des maisons unifamiliales dans la région de Québec devrait grimper de 14 % pour atteindre 536 598 $ d'ici la fin de l'année. Il s'agit d'une hausse considérable, surtout dans un contexte où plusieurs marchés canadiens s'attendent plutôt à une stabilisation, voire un recul.

Du côté des copropriétés, la hausse anticipée est plus modeste, autour de 5 %, avec un prix médian qui devrait atteindre 236 160 $. Cet écart important entre les deux catégories de propriétés n'est pas un hasard. Il reflète des dynamiques bien différentes derrière chaque type de bien.

Après la pause habituelle des Fêtes, les courtiers de la région rapportent d'ailleurs une reprise rapide de l'activité. Les téléphones recommencent à sonner dès janvier, alors que les propriétaires cherchent à mettre officiellement leur maison en vente, souvent avec l'attente de la vendre à un prix plus élevé que l'an dernier.

Pourquoi les maisons unifamiliales mènent la danse

La rareté est le mot clé pour comprendre la flambée des prix des unifamiliales. Selon un professeur du département de finance, assurance et immobilier de l'Université Laval, il y a très peu de maisons unifamiliales disponibles sur le marché en ce moment, et ce phénomène s'explique par un changement de comportement chez les propriétaires plus âgés.

De plus en plus de gens choisissent de rester chez eux le plus longtemps possible, plutôt que de vendre pour s'installer en résidence pour personnes âgées. Ce choix, tout à fait légitime, a un effet direct sur l'offre disponible. Moins de maisons unifamiliales changent de mains, ce qui en fait le produit le plus rare du marché résidentiel actuel. Et comme le veut la logique économique de base, une rareté persistante dans un contexte de demande stable se traduit directement par une pression à la hausse sur les prix.

Ce phénomène n'est pas propre à Québec, mais il y est particulièrement marqué étant donné la popularité de la maison unifamiliale dans la région comparativement aux grands centres urbains où la copropriété domine davantage.

Le facteur Loi 16 pour les condos

La hausse plus modérée du côté des copropriétés s'explique en bonne partie par un changement réglementaire majeur entré en vigueur l'été dernier : la loi 16.

Cette loi impose plusieurs nouvelles obligations aux copropriétaires, notamment la constitution d'un fonds de prévoyance suffisant pour couvrir les réparations majeures futures, ainsi que la réalisation d'études de bâtiment pour évaluer l'état réel des immeubles. Ces nouvelles exigences, bien qu'importantes pour la santé financière à long terme des copropriétés, viennent avec des coûts additionnels pour les copropriétaires actuels et futurs.

Concrètement, ça veut dire que l'achat d'un condo aujourd'hui implique souvent des charges de copropriété plus élevées qu'avant, pour financer ces fonds de prévoyance renforcés. Cette réalité financière tempère naturellement l'attrait du condo comparé à la maison, ce qui contribue à expliquer pourquoi la hausse de prix y est moins prononcée. Les acheteurs intègrent de plus en plus ces coûts récurrents dans leur calcul global, et pas seulement le prix d'achat affiché.

Une économie qui stabilise le marché

Ce qui distingue vraiment Québec des autres grandes villes canadiennes, c'est la solidité et la stabilité de son économie locale. Alors que l'incertitude économique plane sur plusieurs marchés ailleurs au pays, la région de Québec profite d'une base économique particulièrement robuste.

Les emplois de haute qualité dans les secteurs de haute technologie, combinés au poids important de la fonction publique dans la région, jouent un rôle stabilisateur important sur la demande immobilière. Contrairement à des marchés plus dépendants de secteurs cycliques ou exposés aux fluctuations économiques internationales, Québec bénéficie d'une base d'emplois qui résiste mieux aux soubresauts économiques.

Cette stabilité économique se traduit par une demande immobilière constante, même dans les périodes où l'actualité économique nationale ou internationale sème le doute chez les acheteurs et les investisseurs ailleurs au pays.

Ce que ça change pour les premiers acheteurs

Le profil du premier acheteur a changé de façon notable au cours des dernières années. Avec la hausse continue du coût de la vie et des valeurs de propriétés, il devient de moins en moins facile pour les jeunes acheteurs d'accéder à la propriété au même âge qu'auparavant.

Concrètement, ça veut dire des premiers acheteurs souvent un peu plus âgés qu'avant, qui prennent davantage de temps pour accumuler la mise de fonds nécessaire. Certains attendent une promotion, un deuxième revenu dans le ménage, ou l'aide financière de leurs parents avant de se lancer. Ce changement démographique dans le profil des acheteurs a lui-même une influence sur le marché : les acheteurs plus établis financièrement ont parfois un budget plus élevé, ce qui peut aussi contribuer à soutenir les prix dans certains segments.

En résumé

Québec continue de se démarquer par la vigueur de son marché et la stabilité remarquable de son économie locale. Mais cette bonne nouvelle pour les vendeurs vient avec un vrai défi d'accessibilité pour les futurs propriétaires, particulièrement du côté des maisons unifamiliales où la rareté ne montre aucun signe de s'essouffler à court terme.

Pour les acheteurs qui magasinent en 2026, comprendre ces dynamiques de fond — rareté des unifamiliales, impact de la loi 16 sur les condos, et solidité économique de la région — permet de mieux anticiper le marché plutôt que de simplement le subir.

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